Sources et piliers de L'islam

Epaules contre épaules, des fidèles prosternés dans la prière rituelle. En Iran comme ailleurs, respect d'un des 5 piliers.

Sources et piliers de L'islam


Le Coran a été rédigé définitivement un quart de siècle après la mort de Mohammed, il rassemble l'essentiel des révél ations divines que le Prophète dit avoir reçues de l'archange Gabriel, entre 612 et 632. Les premiers disciples en recueillirent le dépôt de la bouche même de Mohammed et le transmirent de mémoire aux rédacteurs qui fixèrent, en une génération, la version canonique toujours en usage. Le Coran est divisés en 114 sourates et subdivisées en ayat ou versets. Selon la tradition dominante en islam, ce texte fondateur s'impose tel quel au croyant et n'a pas à être soumis à une exégèse historico-critique.

La sunna (coutume, tradition) se fonde sur les témoignages oraux des compagnons de Mohammed, rapportant les circonstances de sa vie, ses actes, ses paroles, pour l'édification des fidèles. Coutumier traditionnel du parfait musulman appuyé sur la biographie (sira) du fondateur, la sunna énonce mille prescriptions pour le quotidien du croyant. Sorte de mémoire communautaire guidant chacun vers l’imitation du Prophète, elle constitue un complément indispensable au Coran et représente avec lui l'une des racines (ossoul) de la Révélation et l'une des bases de la Loi (charia).

Les hadiths (récits, narrations) ont consigné par écrit la sunna, pour garantir l'orthodoxie de la tradition orale et constituer un guide de référence incontestable. Le Coran proposant Mohammed aux fidèles comme le Beau Modèle, les hadiths fournissent un code permettant à chacun de moduler son comportement à l'image des faits et gestes du Prophète. La rédaction des hadiths débuta au milieu du second siècle de l'hégire (le 8e de l'ère chrétienne) et se développa considérablement, avant d'être épurée et contractée, au siècle suivant, pour aboutir à la constitution de six livres canoniques, qui font depuis autorité.

En ce qui concerne les pratiques et les rites communautaires de l'islam, le premier pilier (arkân) en est la «profession de foi» (chahâda). Elle consiste essentiellement dans l'énoncé il n’y a pas d'autre dieu que Dieu et Mohammed est son Envoyé . Ce credo marque l'adhésion du converti, vient en refrain à toute prière et résume le testament spirituel du musulman à l'heure de sa mort.

La prière rituelle (salât) constitue le second pilier de l'islam. Elle se répartit en cinq séquences quotidiennes : entre l'aube et l'aurore ; lorsque le soleil vient de passer au zénith ; au milieu de l'après-midi ; au crépuscule ; quand la nuit totale commence. Primitivement, le musulman s'orientait pour la prière vers Jérusalem ; à partir de son émigration à Médine, Mohammed demanda qu'on se tourne vers La Mecque. On peut prier soit à la mosquée (d'où le muezzin lance l'appel), soit chez soi, soit à l'endroit où l'on se trouve à l'heure dite. Le fidèle doit, dans toute la mesure du possible, s'adonner auparavant à des ablutions rituelles.

Le troisième pilier est l'aumône légale. Le mot arabe qui la désigne, zakât, signifie purification. Cet acte symbolique consiste d'abord à offrir à Dieu une part des biens de ce monde, en signe de reconnaissance et afin d'en rendre l'usufruit licite. Il matérialise également la fraternité religieuse qui unit tous les croyants et qui rend l'heureux responsable du malheureux. Le jeûne (siyam) du mois de Ramadan rappelle que c'est au cours de cette lunaison que sa mission a été révélée à Mohammed par l'archange Gabriel et que lui furent inspirés les premiers versets du Coran. Pendant ce mois, du lever au coucher du soleil, le musulman ne mange, ni ne boit, ni ne se livre aux plaisirs des sens. La 27e nuit de Ramadan, appelée Nuit du Destin constitue le temps fort du mois sacré, moment où l'Esprit et les Anges visitent la terre.

Le pèlerinage (hajj) à la Ka'ba (temple cubique qui marque le centre sacré de La Mecque) existait avant Mohammed. Le Prophète l'intégra comme cinquième pilier de l'islam. Purifié physiquement et mentalement, revêtu d'un simple linceul blanc, le musulman doit s'efforcer de se rendre, au moins une fois dans sa vie, dans la ville natale de l'Envoyé d'Allah, puis, si possible, à Jérusalem la Sainte (al Quds), où se tiendra, à la fin des temps, le Jugement dernier.